mardi 13 octobre 2009

Causerie de Déwé Gorodé chez Calédolivres



Déwé Gorodé sera l’invitée de la librairie Calédolivres, mercredi 14 octobre 2009, à 18 h, à l’occasion de la sortie de son roman Graines de pin colonnaire, paru aux éditions Madrépores en septembre 2009.

Librairie Calédolivres
21 ter rue Jean Jaurès
Nouméa
Tél. : 27 38 11

Graines de pin colonnaire, le nouveau roman de Déwé Gorodé

jeudi 27 août 2009

Extrait : "Journal de Tany - 27 décembre"

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Poème extrait du roman Graines de pin colonnaire,
de Déwé Gorodé,
tiré du chapitre « Tany »,
page du journal de Tany, à la date du 27 décembre.

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À quelques pas
du Jour de l’An
Un matin d’antan
par temps de vent
et temps de tempête
Quand tremblent


...........La terre

.................Le corps
.................Le cœur
.................L’être

Par tant de houle
surgit en flash brouillé
en histoire de fou
Une folie d’amour
de flou en mémoire
En souvenir qui jaillit
d’entre les feuilles mortes
d’un carnet de route
tombé au pied du mur
de béton lunaire

Telles les graines de pin colonnaire
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Bibliographie de Déwé Gorodé

Sous les cendres des conques
Poèmes,
Edipop, Nouméa, 1985.

Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier

Nouvelles,
Edipop & Grain de sable, Nouméa, 1994.

L’Agenda

Nouvelles,
Grain de sable, Nouméa, 1996.

Par les temps qui courent

Aphorismes,
Grain de sable, Nouméa, 1996.

Pierre noire, de Grace Mera Molisa
Poèmes traduits par Déwé Gorodé,
Grain de sable, Nouméa, 1997.

Dire le vrai – To tell the truth, avec Nicolas Kurtovitch

Poèmes traduits par Raylene Ramsay et Brian Mackay,
Grain de sable, Nouméa, 1999.

Kënâké 2000

Théâtre,
pièce inédite mise en scène par Pierre Gope,
au Théâtre de Poche, Festival des Arts du Pacifique, Nouméa, 2000.

Le Vol de la Parole, avec Weniko Ihage

Nouvelles,
Edipop, Nouméa, 2002.

The Kanak Apple Season

Nouvelles,
traduites par Peter Brown,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2004.

Sharing as custom provides

Poèmes,
traduits par Raylene Ramsay et Deborah Walker,
Pandanus Books, Canberra (Australie), 2005.

L’épave

Roman,
Madrépores, Nouméa, 2005, réédité en 2007.

Trente ans du Palika – En chemin vers la citoyenneté

Essai,
Edipop, Nouméa, 2006.


Graines de pin colonnaire
roman,
Madrépores, Nouméa, 2009

Biographie de Déwé Gorodé

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Déwé Gorodé[1] est née le 1er juin 1949, dans la tribu de l’Embouchure, près de Ponérihouen, en pays paicî, sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie.

« J’ai aimé écrire assez jeune », confie-t-elle
[2]. Sans doute parce qu’elle aimait écouter les histoires, celles de sa terre et celles d’ailleurs. « Mon père nous racontait en langue paicî des contes comme Le Petit Poucet, ou même l’histoire de Gavroche des Misérables. Mes grandes soeurs rapportaient des livres de prix, des contes… Je dévorais les livres de lecture. » L’ogresse des livres allait se faire conteuse.

Ses études littéraires à Montpellier (1969-1973), marquent les vrais débuts de l’écriture poétique, la découverte des écrivains de la négritude, des romantiques et de Marx...
Révélateur en matière d’écriture, ce séjour en France est également le déclencheur d’une prise de conscience politique. À son retour, elle rejoint les Foulards rouges, puis le Groupe 1878, mouvements contestataires kanak nés de mai 1968. En mai 1976, elle participe à la création du Palika. Chargée des relations extérieures, elle participe à des missions du front indépendantiste dans le Pacifique, en Australie, en Algérie, au Canada, au Mexique et à l’ONU.

Licenciée en lettres modernes, elle commence à enseigner en 1974, d’abord le français, au Mont-Dore, à Houaïlou (1983), puis le paicî, à Poindimié (1996), et enfin la littérature océanienne, à l’Université de Nouvelle-Calédonie, à Nouméa (1999). En 1985, elle participe à l’expérience des Écoles populaires kanak, créées dans la mouvance des Événements qui secouent l’archipel.
Son engagement politique dans diverses organisations indépendantistes lui vaut d’être incarcérée au Camp-Est, la prison de Nouméa, en 1974 et 1977. Elle y compose une partie de son premier recueil de poésies, Sous les cendres des conques, publié en 1984, qui témoigne de sa volonté de faire entendre une voix kanak qui dise sa quête militante et son attachement aux racines de sa culture. Avec cette oeuvre, elle tente ce qu’elle appelle « une interprétation poétique de l’histoire ». Pendant de longues années, elle privilégiera cependant le combat politique à l’écriture, « C’est peut-être aussi pourquoi j’ai publié très tard », explique-t-elle
[3].
En 1994 et 1996, paraissent Utê Mûrûnû, petite fleur de cocotier et L’Agenda, deux recueils de nouvelles où elle exprime le lien à la terre et la place de chacun dans une société en voie de reformulation. « Les deux recueils font une place importante aux femmes kanak d’aujourd’hui, dans le lien inaliénable qu’elles entretiennent avec le passé. Habitées par le devoir de mémoire, mémoire des souffrances d’autrefois, des luttes qui cimentent de nouvelles alliances sans faire oublier les anciennes, elles puisent ainsi leur force dans la tendresse qui habite les coeurs des autres femmes », résume Dominique Jouve
[4]. La même année, elle publie Par les temps qui courent, recueil d’aphorismes où « le style s’évertue à moderniser l’apophtegme en rejoignant l’humour populaire des tribus. Les maximes deviennent lapidaires… », souligne Hamid Mokaddem[5].

En 1999, au lendemain de l’accord de Nouméa, elle est l’une des deux premières femmes élues de l’Uni-FLNKS à l’assemblée de la Province Nord, et se voit confier la direction de la Culture, de la jeunesse et des Sports au Conseil de gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Réélue en 2004 et 2009, elle est chargée de la Culture, de la Condition féminine et de la Citoyenneté.

Elle poursuit parallèlement son chemin d’écriture en signant avec Nicolas Kurtovitch Dire le vrai et Le Vol de la Parole avec Weniko Ihage, mais une large partie de son oeuvre reste inédite. En 2000, à l’occasion du VIIIe festival des Arts du Pacifique à Nouméa, elle s’essaye au théâtre avec Kënâké 2000, mis en scène par Pierre Gope, au théâtre de Poche.

L’épave, son premier roman, paraît aux éditions Madrépores en 2005 ; il est réédité en 2007, après avoir reçu le prix Popaï 2007 de la Nouvelle-Calédonie, catégorie roman.

Graines de pin colonnaire, son second roman, chez le même éditeur, paraît à l’occasion du Salon International du Livre océanien, en septembre 2009.

[1] Gòròdé, noté Gorodey par l’état civil.
[2] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, Nº134, Paris, 1998.
[3] Interview recueillie par Blandine Stefanson, Notre librairie, revue des littératures du Sud, Nº134, Paris, 1998.
[4] Le Mémorial calédonien, tome X, Nouméa, 1998.
[5] Chroniques du pays kanak, tome III, 2000.